Semaine 11 - En route, en route...

Quand on commence à s'affronter à un projet que l'on juge soit même irréaliste, je suis :

- dans un premier temps dans le déni.
je garde le projet fou pour moi, et je le construis tout de même. Je n'en parle à personne parce qu'il est trop fragile, je sais que la moindre remarque pourrait tuer mon projet. Si l'on me dit à ce moment précis ''Mais tu es folle'', je serai tentée de le penser et alors je tuerai l'envie, le désir, le courage, la folie...

A ce stade, c'est comme si j'avais un secret.

- dans un second temps, quand je me sens prête et que je sais comment je vais m'y prendre, dans les grandes lignes pour mener à bien mon projet, le ''plan'', le nombre de semaine... Je commence à en parler à un entourage proche. J'en parle à ce qui me diront ''C'est une bonne idée, vas y, au pire tu ne risques rien''...

je commence alors à me mettre en chauffe, je commence à m'entrainer, je dégrossis le 'plan', je vois les premières sensations...

je communique un peu plus mais pas dans le détail, peut être simplement parce que le détail je ne le connais pas moi même...

- dans un troisième temps, je commence à en parler aux autres, ce qui vont me dire ''mais tu es folle'', à ce moment là, je suis suffisamment costaud pour affronter ça et continuer.

Je peaufine toujours, je commence à ressentir la progression, je prends de l'assurance. Les sorties longues, techniques, difficiles me rassurent, j'avance, je le constate par moi même.

je suis au stade de penser à quoi je vais manger, ce que je vais boire, les vêtements, l'assistance...

Je dis clairement que je vais participer à la course..

- dans un dernier temps, j'y crois.
Mon projet fou n'est plus fou, je le trouve grand mais j'ai les capacités de le faire. Je sais pourquoi je le fais, je sais  ce que je mets dedans. Je sais aussi gérer le fait de ne pas réussir... Je suis prête : prête à aller au bout, prête à réussir, prête à ne pas réussir, prête à me blesser, prête à l'abandon...

Je ne vois plus l'objectif comme une finalité mais je le décompose en morceaux, il y a les 10 premiers km... le lever du soleil, le 1° ravitaillement, les 2 grosses premières grimpettes. Tout se découpe en petits bouts. D'un bloc c'est presque qu'indigeste mais petit bout par petit bout, 110 km ne me semble pas impossible, mais à porter de baskets.

je commence à connaitre mes allures en fonction des km...

J'imprime les profils, j'annote, je vise des temps, je regarde si c'est compatible avec les barrières horaires.

ça y est je suis dedans.

J'affiche ma course sur la cloison du boulot.

Je le garde tout prêt de moi

Les choses se précisent.
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Maman, traduction en Martiniquais pour toi.

 Je vais participer à une course de 110 km, c'est comme si je partais de Grand Rivière, en passant par le Morne Rouge, Fonds Saint Denis, Schoelcher, Fort de France, Ducos, Rivière Salée, ensuite direction les Salines.


Comme elle fait 4500 md+.
Ca veut dire que les montées tout le long c'est comme monter 3,5 fois la montagne pelée.
Tu pars de Saint Pierre et le sommet de la montagne pelée et tu fais ça 3,5 fois. (heureusement c'est pas 4).






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